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Brume au pays de la réalité
Tranche de Vie

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TchatcheBlog: Brume au pays de la réalité

Catégorie : Tranche de Vie
Créé le :  23 août 2004 12h31 par brume
Modifié le :  29 août 2009 23h38
Visité :  18964 fois Cette semaine :  0 fois

Description :
Life is not a bowl of cherries .


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A tendre
Créé le : 29 août 2009 23h38 Article posté par : Web

TchatcheBlog: A tendre

On attend de voir le jour, on attend la parole, le geste, l'esprit et le pas, on attend de grandir, on attend le mercredi, on attend le soir, on attend le matin en volant des miettes de sommeil, on attend de grandir, on attend quelqu'un qui ne viendra pas, on attend de savoir, on attend un âge meilleur, on attend des réponses, on attend le week-end anecdotique, on attend la fin la peur au ventre, on attend quelqu'un qui ne viendra plus, on attend l'heure où tout ira de soi, on s'attend à trouver quelque chose, on attend un age prophétique, on attend toujours quelqu'un qui n'est jamais venu, on attend des vacances inutiles, on attend le soir, on attend ce qu'on n'ose désirer, on attend la fin de l'attente, on attend la fin du mois, des années et du jour, on attend plus grand chose, on attend le départ, o, attend plus personne, on attend l'âge qui ne tarde plus, on attend le repos, on attend quelqu'un qui attendra de voir le jour, on attend son déclin et sa fin, on attend de savoir, on attend de comprendre, on ne comprend pas on proteste on espère on arrête, on s'accroche à des miroirs on déteste on disparaît,


On passe sa vie à attendre qu'elle s'améliore et puis on disparaît sans plus plus attendre.


Brume
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Les étoiles filantes
Créé le : 16 août 2009 11h04 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Les étoiles filantes
Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Dans un bar rue St-Denis

J'te raconterai les souvenirs
Bien gravés dans ma mémoire
De cette époque où vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j'agaçais les p'tites filles
Pas loin des balançoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor

Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g'lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De la p'tite école et d'la cour de récré ?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l'bon temps passe finalement...

... Comme une étoile filante

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas mais on subit
Et que les rêves des ti-culs
S'évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bedaine
Les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs

Travailler, faire d'son mieux
En arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux
Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?
Après avoir existé pour gagner du temps
On s'dira que que l'on était finalement

... Que des étoiles filantes

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis

C'est qu'avec toi je suis bien
Et que j'ai pu' l'goût de m'en faire
Parce que tsé voir trop loin
C'pas mieux que r'garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu'on perd dans' brume
Et les idéaux qui se cassent

La vie s'accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d'air frais
Qui apaise les coeurs en peine

Ça fait que si à' soir t'as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps
J'aimerai ça que tu sois pour un moment...

... Mon étoile filante

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...
Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...

Que des étoiles filantes

Les Cowboys Fringants

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Saphia.
Créé le : 16 sept. 2008 03h20 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Saphia.
Saphia était sans doute ce qu'on pourrait appeler en termes politiques le fruit de l'immigration réussie. A 19 ans, loin des clichés habituels des "arabes" hargneux crachant leur mécontentement en argot, elle affichait une situation très honorable, un apprentissage rondement mené, une intelligence évidente mêlée de tolérance et d'une bienveillante gentillesse, et le désir visible de réussir, peut-être de prouver que malgré son nom de famille compliqué, elle pouvait être comme tout le monde.

Saphia et moi n'étions pas faites pour être amies, trop de choses nous séparaient, mais en tant que collègue de travail il était difficile de rêver mieux. Saphia était le genre de personne qui dit bonjour en arrivant, avec un sourire généreux, et qui en passant vers mon poste, les bras chargés de plateaux, aux heures de coup de feu, ne manquait jamais de me demander "ça va ?". Tous les jours, nous étions débordés, tous les jours Saphia gardait cette énergie et cette bonne humeur que je lui enviais un peu.

Saphia recevait des dizaines de coups de fils des nombreux membres de sa famille immense, mi inquiète mi fière, des tas d'oncles, de tantes, de cousins, un inévitable grand frère protecteur, un père affectueux et toujours soucieux, et nous racontait, amusée, cette grande famille soudée et colorée.

J'aimais, et j'aime toujours bien Saphia.

La seule ombre au tableau, ce fut le jour du départ pour la formation, quand Saphia est arrivée un peu en retard, avec une paire de lunettes de soleil sur son visage brun.

Dans la voiture, Saphia nous a expliqué, avec un certain détachement, que "son copain avait un peu trop bû hier et lui avait collé un pain". Plus tard, le copain en question l'a appellée plusieurs fois, voulant savoir ce qu'elle faisait, si il y avait des hommes avec elle, et pourquoi elle n'était pas encore rentrée.

Nous n'avons rien dit, d'ailleurs nous n'avions rien à dire, ç'aurait été déplacé.

Je n'ai rien dit de plus que les autres.

J'ai juste proposé à Saphia de lui prêter un anti cernes qui trainait dans ma trousse de maquillage, pour aider à camoufler le cocard violacé qui lui boursouflait l'oeil.

L'anti cernes, je lui ai laissé, il était trop foncé pour ma peau, et les cernes ne me dérangent guère.

J'espère juste qu'elle n'en aura pas trop besoin.




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Road Movie
Créé le : 27 mai 2008 01h10 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Road Movie

Engoncé de mes nouvelles chaussures qui me faisaient mal aux pieds, je parcourus le quartier, en quête d'un hotel à bon prix, autant dire en quête de l'ultime oxymore. J'aurais voulu que la France se calque un peu sur les Etats Unis sur ce sujet : j'aurais aimé trouver, à la place des hotels Ibis et autres Formule1, des motels poisseux, avec des enseignes fatiguées qui clignoteraient mal, un lit aux couleurs fanées, du papier peint décollé sur les murs, et peut-être même, pour le folklore, un cafard égaré dans le lavabo. J'aurais passé la nuit sur le lit mal fait, à boire du Whiskey dans un sac en papier, m'essuyant la bouche d'un revers de manche et tirant fiévreusement sur une cigarette. Le lendemain j'aurais cherché un restaurant miteux, où une serveuse ensommeillée me servirait du café en m'appellant "Chéri" et en balançant ses gros seins moulés dans un tablier trop étroit sous mon nez. Ca se passerait près de Las Vegas. Ensuite je parcourerais la route à travers le désert, sans doute au volant d'une décapotable rouge. Un vieux modèle. Idéalement je trouverais Crystal en train de faire du stop au milieu de nulle part, coiffée alors d'un improbable et kitschissime chapeau de cow boy. Installée fièrement à côté de moi, elle chausserait de grosses lunettes de soleil, défierait l'horizon brûlant et boirait une généreuse gorgée de Whiskey (toujours dans son sac en papier). Ensuite elle se vernirait les ongles d'un rouge Technicolor, et les laisserait sècher au vent. On filerait sous le soleil couchant vers New York, en disant bonjour aux cactus.



Brume


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Crayonné
Créé le : 23 mars 2008 00h34 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Crayonné
Je suis le papier froissé sous la main moite, et l'encre rageuse.
Je suis la mine qui se brise sous l'agacement, la plume qui dérape, le brouillon qu'on brûle.

Je suis l'esquisse charbonneuse d'une oeuvre qui ne verra pas le jour.

Je suis
le pigment noir sur le papier, l'erreur raturée et le trait gommé.

Je suis le brouillon décevant de la finalité, la déception et l'abandon.

La feuille de papier jetée au feu.

Je suis un dessin raté.


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