Brume au pays de la réalité
Tranche de Vie
Brume au pays de la réalité
Catégorie :
Tranche de Vie
Créé le :
23 août 2004 12h31 par brume
Modifié le :
16 sept. 2008 03h20
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Description :
Life is not a bowl of cherries .
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| Créé le : |
16 sept. 2008 03h20
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Saphia était sans doute ce qu'on pourrait appeler en termes politiques le fruit de l'immigration réussie. A 19 ans, loin des clichés habituels des "arabes" hargneux crachant leur mécontentement en argot, elle affichait une situation très honorable, un apprentissage rondement mené, une intelligence évidente mêlée de tolérance et d'une bienveillante gentillesse, et le désir visible de réussir, peut-être de prouver que malgré son nom de famille compliqué, elle pouvait être comme tout le monde.
Saphia et moi n'étions pas faites pour être amies, trop de choses nous séparaient, mais en tant que collègue de travail il était difficile de rêver mieux. Saphia était le genre de personne qui dit bonjour en arrivant, avec un sourire généreux, et qui en passant vers mon poste, les bras chargés de plateaux, aux heures de coup de feu, ne manquait jamais de me demander "ça va ?". Tous les jours, nous étions débordés, tous les jours Saphia gardait cette énergie et cette bonne humeur que je lui enviais un peu.
Saphia recevait des dizaines de coups de fils des nombreux membres de sa famille immense, mi inquiète mi fière, des tas d'oncles, de tantes, de cousins, un inévitable grand frère protecteur, un père affectueux et toujours soucieux, et nous racontait, amusée, cette grande famille soudée et colorée.
J'aimais, et j'aime toujours bien Saphia.
La seule ombre au tableau, ce fut le jour du départ pour la formation, quand Saphia est arrivée un peu en retard, avec une paire de lunettes de soleil sur son visage brun.
Dans la voiture, Saphia nous a expliqué, avec un certain détachement, que "son copain avait un peu trop bû hier et lui avait collé un pain". Plus tard, le copain en question l'a appellée plusieurs fois, voulant savoir ce qu'elle faisait, si il y avait des hommes avec elle, et pourquoi elle n'était pas encore rentrée.
Nous n'avons rien dit, d'ailleurs nous n'avions rien à dire, ç'aurait été déplacé.
Je n'ai rien dit de plus que les autres.
J'ai juste proposé à Saphia de lui prêter un anti cernes qui trainait dans ma trousse de maquillage, pour aider à camoufler le cocard violacé qui lui boursouflait l'oeil.
L'anti cernes, je lui ai laissé, il était trop foncé pour ma peau, et les cernes ne me dérangent guère.
J'espère juste qu'elle n'en aura pas trop besoin.
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| Créé le : |
27 mai 2008 01h10
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Engoncé de mes
nouvelles chaussures qui me faisaient mal aux pieds, je parcourus le quartier,
en quête d'un hotel à bon prix, autant dire en quête de l'ultime oxymore.
J'aurais voulu que la France se calque un peu sur les Etats Unis sur ce sujet :
j'aurais aimé trouver, à la place des hotels Ibis et autres Formule1, des
motels poisseux, avec des enseignes fatiguées qui clignoteraient mal, un lit
aux couleurs fanées, du papier peint décollé sur les murs, et peut-être même,
pour le folklore, un cafard égaré dans le lavabo. J'aurais passé la nuit sur le
lit mal fait, à boire du Whiskey dans un sac en papier, m'essuyant la bouche
d'un revers de manche et tirant fiévreusement sur une cigarette. Le lendemain
j'aurais cherché un restaurant miteux, où une serveuse ensommeillée me
servirait du café en m'appellant "Chéri" et en balançant ses gros
seins moulés dans un tablier trop étroit sous mon nez. Ca se passerait près de
Las Vegas. Ensuite je parcourerais la route à travers le désert, sans doute au
volant d'une décapotable rouge. Un vieux modèle. Idéalement je trouverais
Crystal en train de faire du stop au milieu de nulle part, coiffée alors d'un
improbable et kitschissime chapeau de cow boy. Installée fièrement à côté de
moi, elle chausserait de grosses lunettes de soleil, défierait l'horizon
brûlant et boirait une généreuse gorgée de Whiskey (toujours dans son sac en
papier). Ensuite elle se vernirait les ongles d'un rouge Technicolor, et les
laisserait sècher au vent. On filerait sous le soleil couchant vers New York,
en disant bonjour aux cactus.
Brume
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| Créé le : |
23 mars 2008 00h34
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Je suis le papier froissé sous la main moite, et l'encre rageuse. Je suis la mine qui se brise sous l'agacement, la plume qui dérape, le brouillon qu'on brûle.
Je suis l'esquisse charbonneuse d'une oeuvre qui ne verra pas le jour.
Je suis le pigment noir sur le papier, l'erreur raturée et le trait gommé.
Je suis le brouillon décevant de la finalité, la déception et l'abandon.
La feuille de papier jetée au feu.
Je suis un dessin raté.
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| Créé le : |
07 mars 2008 11h49
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All around me are familiar faces
Worn out places, worn out faces
Bright and early for their daily races
Going nowhere, going nowhere
Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head I want to drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow
And I find it kinda funny
I find it kinda sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had
I find it hard to tell you
I find it hard to take
When people run in circles
It's a very, very mad world mad world
Children waiting for the day they feel good
Happy Birthday, Happy Birthday
Made to feel the way that every child should
Sit and listen, sit and listen
Went to school and I was very nervous
No one knew me, no one knew me
Hello teacher tell me what's my lesson
Look right through me, look right through me
And I find it kinda funny
I find it kinda sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had
I find it hard to tell you
I find it hard to take
When people run in circles
It's a very, very mad world... world
Enlarge your world
Mad world
Gary Jules [Donnie Darko]
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| Créé le : |
22 févr. 2008 12h42
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Il était un soir il était une nuit
Il était une nuit blanche et des questions
Il était des questions sans racines
Et des racines avortées de leurs mots
Il était des mots indigestes et des larmes sous la peau, il était le
froid qui mord ma joue, il était des frissons glacials et l'encre.
Il était un soir il était une nuit
Il était une nuit noire et des silences
Il était des silences en suspens
Et des points de suspension
Il était une fois la nuit rouge et profonde, il était tard et il était temps.
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